PALAWAN: Rivière souterraine de St Paul
La rivière dont on voit le tunnel d'entrée sous la montagne
Une journée superbe. Cette rivière arrive à la mer après avoir creusé un tunnel de 8km dans une montagne en calcaire aux pitons hérissés qu’on découvre en bateau.
Pendant une heure, en bateau, on admire des centaines de
stalagmites et stalactites géants ainsi que des
hirondelles et des
milliers de chauves-souris dont on entend bien les clics d’écho-location.

Des chauves-souris
Sur Palawan, nous marchons entre 5 et 10 km par jour pour nos oiseaux. C’est très éprouvant car il fait entre 30 et 40 degrés, mais nous sommes contents de notre cueillette de nouvelles espèces.
Retour à Puerto Princessa dans un autre bus déglingué et vol vers Mindanao, Davao.
MINDANAO : Bislig-PICOP
De Davao, 6h de bus déglingué aux pneus lisses et à la direction faussée. Contents d’arriver et un cadeau pour moi: une dizaine de piqûres de punaise aux fesses. Les précédentes commençaient à ne plus me démanger et l’on remet ça.
PICOP est connu des ornithologues car c’est une ancienne concession forestière abandonnée car ils achètent du bois meilleur marché à Borneo. Malheureusement des squatters sont installés dans ces forêts, ils coupent le bois et font des cultures. Impossible de chercher des oiseaux seuls. Pour deux jours, on a loué les services de Zado, guide ornithologique et d’un taxi jeepney pour 60€ par jour, de 4h du matin à 7h le soir. Zardo connaît tous les chants et le coin spécifique pour chaque oiseau. Grâce à lui, on a fait une belle cueillette.
A hôtel Paper Country Inn, les femmes de ménage changent les draps tous les jours mais n’ont pas l’idée de nettoyer le lavabo gras et crasseux.
Photos prises dans une volière
MINDANAO Malaybalay, Mt Katanglad
En vain, on cherche l’aigle des Philippines qui mange des singes. Il est reparti il y a 15 jours après avoir élevé son aiglon près d’un observatoire. Très difficile de crêcher par là. On achète un billet pour le ferry pour Bohol.
Ferry de Mindanao à l’île de Bohol
Quelle nuit bruyante dans ce dortoir de 60 personnes: discussions, 2 TV, radios. On ferme un oeil entre 2h et 4h du matin, seul moment sans bruit. Il faut aussi veiller à nos bagages.
BOHOL, Chocolate Hills
Superbe paysage que ces
1268 collines qui sont nées d’un fond marin composé de coquillages, raviné par les pluies pendant des siècles. C’est vraiment exceptionnel comme formation géologique.
C’est facile de trouver un hôtel bien situé dans ces collines chocolat.
Nous allons chercher des oiseaux au Parc Raja Sikatuna à 15 minutes en bus puis 2km à pied. On a deux jours de pluie continue et deux jours de beau qui nous permettent de trouver 8 nouvelles espèces.
Le
Tarsier des Philippines est le plus petit primate du monde. Il tient dans ma main mais peut faire des sauts de 3 m d’une branche à l’autre. Il devrait dormir le jour, mais il est tellement dérangés par les touristes qu’il dort la nuit. Les locaux vont les attraper dans les forêts pour en faire une attraction touristique. Comme les oiseaux, ils sont en danger d’extinction, mais qui s’en soucie?
Retour à Manille en avion. Le vol a 8 heures de retard, pas drôle dans un aéroport pourri sans salle d’attente.
LUZON, Manille
En ce 10 juillet 2007, on se retrouve sur l’île principale des Philippines, à Manille. Il pleut beaucoup et l’on découvre effarés que les rues de Manille ne sont plus qu’un torrent d’eau sale. Le taxi prend l’eau, les tapis intérieurs sont trempés et le chauffeur voudrait qu’on continue à pied, 15 minutes seulement disait-il. Il rêve! Il faudrait marcher avec de l’eau jusqu’au genou en portant nos sacs, au risque de se tordre une jambe dans les trous cachés des trottoirs... Finalement après bien des tours et détours, on arrive à notre hôtel. Il nous explique qu’à chaque fois qu’il pleut, Manille est inondée car ils n’ont pas de système d’évacuation. Pauvres habitants, cette ville est un vrai taudis.
Les seules jolies maisons de Manille sont les églises catholiques. On en visite une ou deux, richement décorées. L’Eglise est très puissante aux Philippines et rien ne se fait sans elle au gouvernement. Malgré la surpopulation, 80 millions d’habitants, l’Eglise ne prône que les méthodes naturelles comme contraception.
LUZON, Baguio
7heures de bus pour arriver dans cette ville où il fait bon frais, bien meilleur que dans les Basses Terres et à Manille. On est dans la Cordillère centrale. C’est à Baguio que se concentrent les universités et les Hautes Ecoles philippines. C’est ici aussi que sont cultivés tous les fruits, légumes et les fleurs pour la capitale et les autres grandes villes. On regrette de ne pas trouver de bons restaurants.
LUZON, Mt Data
4heures de bus et des paysages magnifiques de montagnes travaillées en espaliers et de vallées fertiles. Autour de l’hôtel du Mt Data, on devrait trouver des oiseaux... mais les locaux les mangent. En voyant qu’on cherchait des oiseaux, un visiteur philippin m’a expliqué que c’est la coutume, que pas plus tard qu’hier soir, il était à une fête dans un village et qu’ils ont rôti des dizaines d’oiseaux qui avaient été attrapés en forêt. Il était propriétaire d’une mine d’argent et il trouvait normal que les villageois le remercient lui et ses 12 invités en leur offrant des oiseaux.
LUZON, Sagada
C’est vraiment un plaisir de venir à Sagada. C’est là qu’on a rencontré les philippins les plus souriants et les plus sympathiques.
Dans une belle forêt de pierre, des cercueils suspendus
Le village n’a rien de spécial, c’est l’environnement qui est très beau: du riz en terrasses, une vallée agricole bien entretenue, des pinèdes et forêts où l’on peut voir des ´Hanging Coffins’ ou cercueils suspendus. Ces cercueils sont les reliques d’une coutume ancestrale abandonnée de nos jours à moins d’être riche et de pouvoir offrir 20 cochons et beaucoup de poulets.
LUZON, Banaue
On est en mi-juillet et cette région est envahie de touristes et pour cause. Ces rizières en terrasses qui couvrent toutes les collines sont absolument superbes. Elles ont 2000 ans et sont toujours scrupuleusement travaillées avec soin.
Rizières en terrasses de Banaue
Banaue est un petit village de montagne. On a loué un tricycle pour monter les 20 km jusqu’au Mt Polis. On pensait trouver encore quelques coins de forêt pour nos oiseaux, mais tout a été coupé ces dernières années pour planter des choux et des carottes.
Le riz sèche le long des routes.
En conclusion, sur le plan ornithologique, cela valait vraiment le coup de venir aux Philippines. On aura vu 186 espèces d’oiseaux dont 110 nouveaux et parmi ces nouveaux, 96 endémiques c-à-d des oiseaux impossibles à voir ailleurs. La recherche d’oiseaux est dure car elle exige des heures de marche d’approche. Les oiseaux se planquent dans des coins difficiles d’accès et on le comprend vu la chasse dont ils sont l’objet.
L’idéal aurait été d’avoir notre camping-car. Les prix des locations de voitures étaient de 50€ par jour sur Luzon. Les transports publics en bateau, bus ou jeepneys sont fatigants et surtout, il vaut mieux ne pas savoir quand ont été fait les derniers contrôles techniques.
On se demande pourquoi ce pays est tellement en retard par rapport à la Thaïlande ou à la Malaisie. Dans les années 60, il allait mieux que les autres.
On va surtout regretter les boulangeries. C’est rare qu’en Asie on se régale de pain. Et là aux Philippines, c’est toujours du pain frais, genre pain espagnol plutôt que baguette parisienne, mais vraiment très bon, ainsi que les papillons aux amandes en pâte feuilletée. C’est le seul pays d’Asie qui mange autant de pain. Cela est dû à la colonisation espagnole pendant 333 ans, puis américaine pendant 50 ans.